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Réaction d'Audrey Guibert, Secrétaire Départementale du Front National de l'Essonne
 
ESSONNE INFO | Par  | Publié le Mercredi 6 novembre 2013 à 06:13 | 7 contributions

Quelques heures après la parution de la carte du redécoupage des cantons essonniens, les réactions ne se sont pas fait attendre. Entre critiques ravageuses sur le fond et sur la forme, le débat fait déjà rage. Etat des lieux chez les différentes forces politiques du département.

Conseil général

En 2015, l’Essonne ne comptera plus que 21 cantons alors qu’elle en comptabilise le double aujourd’hui. C’est ce que révèle la nouvelle carte émanant du Ministère de l’Intérieur, parue ce mardi 5 novembre. Alors que certaines nouveautés voient le jour comme le fait que la parité homme/femme soit appliquée, que l’homogénéité démographique ou encore l’unité communale soit de rigueur, le département conservera le même nombre de conseillers généraux, soit 42 élus. Ce plan sera très prochainement analysé par les membres du Conseil général, durant la séance du 25 novembre prochain.

« Une carte incohérente »

Peu de temps après sa parution, cette nouvelle carte a déjà fait l’objet de quelques critiques cinglantes. Le redécoupage des cantons fait grincer les dents de l’opposition pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, certains conseillers généraux de droite déplorent le fait que ce découpage soit « incohérent », comme le souligne Jean-Pierre Delaunay, Président du groupe Union pour un Mouvement Populaire et Apparentés (UMPA). « Le Président du Conseil général, Jérôme Guedj voulait que nous soyons plus près des citoyens, mais avec des cantons comme celui d’Etampes qui compte 45 communes, cela me paraît fort compliqué », explique-t-il pour évoquer des possibles disparités en termes de territoires. Carlos Da Silva, conseiller général et secrétaire fédéral du PS en Essonne, justifie cela par différents critères. « Pour réaliser cette carte, la loi nous impose de respecter certains critères démographiques et géographiques, c’est pourquoi celle-ci peut paraître compliquée ».

De son côté, Caroline Parâtre parle d’un « geste inadmissible ». Pour la conseillère générale du canton de la Ferté-Alais, cette décision « coupe les dynamiques installées et mises en action depuis plusieurs années. Le travail n’est pas pris en compte et pas respecté ». Sur le même sujet, Nicolas Schoettl, conseiller général du canton de Limours depuis 2009, se pose des questions sur l’efficacité des communautés d’agglomération. S’appuyant sur l’exemple du canton dont il est élu – celui de Limours – le membre de l’Union Pour l’Essonne (UPE) résume une situation qu’il trouve problématique. « La communauté de communes du pays de Limours (CCPL) va voir ses communes dispatchées dans trois cantons différents. Avec le projet de grandes métropoles au nord de Limours, certaines villes pourraient à terme quitter la CCPL afin de rejoindre la Communauté d’Agglomération du Plateau de Saclay (CAPS) ou des agglomérations comme celles-ci tournées vers Paris. Cela casserait la dynamique de la CCPL ».

 

Les Conseillers généraux de l'opposition, s'opposent à la nouvelle carte. Ils se sont réunis hier soir. (JL/EI)

Les Conseillers généraux de l’opposition, s’opposent à la nouvelle carte. Ils se sont réunis hier soir. (JL/EI)

« Un découpage qui respecte la loi »

Outre ces questions et ces différentes remarques, l’opposition accuse le ministère de l’Intérieur d’avoir pratiqué un découpage qui « favorise le Parti Socialiste », assure Jean-Pierre Delaunay. « Certains cantons sont complètement désossés, explique Nicolas Schoettl. Le PS s’est arrangé pour broyer deux conseillers d’opposition sur trois ». Le constat est aussi le même pour le conseiller général PCF du canton de Corbeil-Essonnes-Ouest Bruno Piriou. « On pourrait décerner à Manuel Valls le prix de meilleur artisan charcutier de France. J’attends autre chose d’un ministre soi-disant de gauche. Il a accordé le plus mauvais traitement de France pour son département d’origine. Nous allons contester ce découpage avec le Front de Gauche ».

Car après le grand redécoupage « Pasqua » de 1986, la gauche est regardée de près concernant ces nouveaux cantons et à terme, la refonte des circonscriptions. Certains voient pour l’Essonne la main de l’ancien maire d’Evry. « Il ne faut pas s’étonner, il suit de près ce qui se passe ici » lâche un collaborateur de la présidence du département, « ce redécoupage porte sa marque » .

Carlos Da Silva, suppléant de Manuel Valls à l’Assemblée, défend pourtant avec fermeté l’ensemble du projet qui a débouché sur l’élaboration de cette carte. « C’est un découpage ni positif, ni négatif. Il s’agit d’une carte qui respecte la loi telle qu’elle a été votée à l’Assemblée Nationale ». Le député de la 1èrecirconscription de l’Essonne réfute totalement les arguments de ses collègues du Conseil général. « Ces critiques n’ont aucun sens. Ce n’est pas une carte qui fera gagner des élections, mais la campagne que les différentes forces politiques mèneront ».

Une réforme de fond ?

Les élections cantonales intéressent également les forces politiques telles le Parti Communiste ou encore le Front National. Toutefois, la refonte des cantons essonniens n’inquiète pas plus que cela leurs représentants. « Cette décision va encore servir les intérêts du PS mais aussi de l’UMP, soutient Audrey Guibert, présidente de la fédération 91 du Front National. Cependant, les enjeux resteront les mêmes pour des villes du Nord-Est du département dont Savigny-sur-Orge ou encore Athis-Mons ». Pour rappel, le parti de Marine Le Pen s’était hissé au second tour de quelques cantons, notamment par l’intermédiaire de Denise Martin sur le canton de Draveil ou encore de Juvisy avec Jean Merey.

La situation est globalement la même pour le Parti Communiste/Front de Gauche qui « ira à la bataille quelle que soit la carte, garantit Philippe Camo, secrétaire départemental du Parti communiste dans l’Essonne. Nous ne craignons pas le problème d’être face à de nouvelles villes dans différents cantons ».

Ainsi, la réforme cantonale n’effraie pas forcément ces partis. Néanmoins, tous deux affirment qu’il faudrait une modification sur le fond de ce scrutin. « Le gros problème de ces élections est que cela ne se joue pas à la proportionnelle intégrale, remarque Audrey Guibert. Nos électeurs ne seront pas représentés si nous ne gagnons pas ». Pour Philippe Camo, il faudrait également « revoir le mode de scrutin. Nous militons pour cela depuis longtemps ».

Pour le moment, cela n’est pas encore à l’ordre du jour. La carte sera présentée par le Préfet Bernard Schmeltz avant d’être analysée par le Conseil général à la fin du mois de novembre. Les élus de l’opposition tenteront de faire peser leur avis dans les prochains débats. Ils ont ainsi demandé, comme l’autorise la loi, un délai de six semaines pour rendre leur avis (consultatif) sur cette carte. À coup sûr, les débats ne font que commencer.

 

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