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Laurent Stillen, tête de liste FN à Ris-Orangis interviewé par Essonne Info parmi les autres candidats déclarés pour les Municipales dans cette commune.

ESSONNE INFO | Par Jérôme Lemonnier | Publié le Jeudi 30 janvier 2014

Alors que les scrutins municipaux se rapprochent à grands pas, les différentes listes rissoises commencent à prendre forme. Six à sept candidats visent pour l’instant la mairie de Ris-Orangis. Bien qu’il ne soit pas encore officiellement déclaré, le maire actuel Stéphane Raffalli devrait prendre part, pour la première fois en tant que tête de liste, à ces élections municipales.

Dans deux mois, nous connaîtrons le nom des maires des 196 communes que compte l’Essonne. Si pour certaines communes, les candidats et leurs listes sont déjà pour la plupart connus, pour d’autres villes c’est encore flou. Parmi elles, Ris-Orangis. Cette commune appartenant à la communauté d’agglomération d’Évry Centre Essonne s’interroge toujours sur une partie de ses candidats qui se présenteront le 23 mars prochain. Porteuse de nombreux projets, dont certain d’envergure nationale comme le Grand Stade de Rugby (lire notre article), cette ville de plus de 27 000 habitants sera notamment au cours du prochain mandat au cœur de nombreux enjeux économiques à l’échelle départementale.

Pour le moment, les Rissois pourraient avoir le choix entre six à sept projets, trois venants de la gauche, et quatre autres émanant de différentes composantes de la droite et du centre. Une pluralité de listes qui pourrait rendre ce scrutin plus ouvert que les années précédentes.

Une équipe municipale qui se divise

Pour commencer, du côté de la majorité sortante, le maire Stéphane Raffalli devrait très certainement être candidat à sa succession. Maire depuis novembre 2012, suite au départ de Thierry Mandon, qui occupait la tête de Ris-Orangis depuis dix-sept ans, pour anticiper l’arrivée de la loi sur le cumul des mandats, Stéphane Raffalli ne s’est pour le moment pas encore déclaré candidat. « Chaque chose en son temps, assure l’édile. Pour le moment, je suis maire à plein temps et je le resterai jusqu’à la fin de mon mandat ». S’appuyant sur son bilan qu’il juge « éloquent », le maire insiste sur le « vrai climat de confiance qui s’est tissé entre les habitants, les partenaires publics et l’équipe municipale » depuis sa prise de fonction fin 2012. Dressant un premier bilan de la mandature 2008-2014, soit de Thierry Mandon et de lui-même, Stéphane Raffalli se félicite notamment de la rénovation urbaine opérée dans la ville, avec la construction de l’écoquartier, de la question de la santé, de la copropriété, ou encore avec la création d’écoles et de crèches, le tout réalisé « à impôt constant, souligne-t-il. Il y a un niveau d’investissement public et privé qui n’a jamais été égalé depuis l’après-guerre dans la ville ».

Toutefois, bien que l’élu reconnaisse l’importance et le rôle du travail fait par son équipe municipale, cette dernière ne devrait pas repartir unie en mars. En effet, Didier Chastanet, conseiller municipal depuis 2001, affirme qu’il ne fera pas partie de la liste sortante. « Avec Thierry Mandon, nous arrivions à nous entendre sur de nombreux points. Or, depuis l’arrivée de M. Raffalli, nous sommes arrivés à un instant critique pour la commune », regrette l’ancien responsable départemental des Verts. Outre l’application de la réforme scolaire, Didier Chastanet critique sa gestion du dossier Rom. « Il y a la question humaine qui a été traitée de la façon la plus mauvaise qui soit ». Ainsi, le conseiller municipal est candidat pour insuffler un nouveau souffle à la ville. Autour de quatre thématiques (emploi, environnement, éducation, démocratie locale), celui qui est à la tête d’un mouvement regroupant des écologistes, socialistes, centristes et non encartés, souhaite coconstruire le projet de la ville avec les Rissois eux-mêmes. De son côté, le maire ne craint pas cette dissidence qui selon lui « n’ira pas au bout ». Pour le moment, cette liste n’est pas encore finalisée…

En plus de cette scission dans l’équipe municipale, Stéphane Raffalli n’aura pas non plus le soutien de la gauche de la gauche. « Nous avons cherché à nous rapprocher, mais cela n’a pas fonctionné », déplore le maire, pour évoquer un possible accord avec Amar Henni, chef de file communiste. Ce dernier fait de nouveau sa propre liste. Se définissant comme un homme de terrain, le conseiller municipal d’opposition réfute l’idée d’une union avec la liste sortante avant le premier tour. En désaccord sur de nombreux sujets comme le Grand Stade ou l’écoquartier des Docks, Amar Henni conduira une liste qui sera floquée du slogan : « Pour que chaque Rissois compte ». « Cela signifie qu’on considère que la puissance publique doit être du côté des gens et pas le contraire », explique le candidat. Pour cette nouvelle élection, Amar Henni fera campagne notamment sur la thématique de la redynamisation de l’emploi sur Ris-Orangis, de l’implantation d’équipes de médiateurs pour mieux lutter contre l’insécurité, ou encore en instaurant un« maire adjoint à la quotidienneté afin de remédier aux problèmes rencontrés par chacun dans la ville ».

L’alternance proposée par la droite

Outre ces trois listes à gauche, qui constituent un phénomène nouveau par rapport aux élections de 2008, où seuls Amar Henni et Thierry Mandon étaient présents, la droite devrait également se présenter divisée au premier scrutin. Trois à quatre candidats veulent représenter l’alternance. Le premier d’entre eux est Yves Liebmann. Candidat investit par l’UMP, Yves Liebmann est à la tête d’une liste déjà constituée regroupant des militants UMP, UDI et non encartés. « Cela fait au moins 35 ans que la commune est aux mains de la gauche, rappelle cet ancien pharmacien rissois, tête de liste pour la première fois. J’estime que mon mouvement apporterait un nouvel élan, car l’équipe actuelle est en fin de course ». Par ailleurs, il tentera de réunir les suffrages des Rissois autour des thématiques du commerce, qu’il compte redynamiser, des finances avec une stabilisation de l’impôt ou encore en augmentant les moyens pour la police municipale, afin de faire baisser la délinquance dans la ville.

Un autre candidat veut pouvoir incarner cette alternance à droite. Il s’agit de Pierre Nègre. Ancienne tête de liste UMP aux élections cantonales partielles de septembre 2012, il avait alors été battu par un certain Stéphane Raffalli sur un score sans appel de 72,39% pour le candidat socialiste contre 27,61%. Après avoir défendu les couleurs de l’UMP, Pierre Nègre choisit finalement de monter sa liste en plus de celle d’Yves Liebmann. « Je n’ai pas eu l’investiture UMP. Seulement, Yves Liebmann et moi ne touchons pas le même électorat », prône-t-il pour expliquer la raison de sa non-adhésion à la liste estampillée UMP. Son mouvement sera donc une liste de rassemblement qui sera composée de « militants du Modem, de l’UDI, de l’UMP, ou encore de DLR et de non-inscrits. Nous nous opposerons de fait à la liste socialiste ». Pour lui, le mandat de Stéphane Raffalli n’aura apporté « aucune plus-value ». C’est pourquoi il souhaite défendre les Rissois autour de son projet intitulé, Alternative Rissoise, dans lequel il tentera de ne laisser pour compte aucun de ses concitoyens (classe moyenne, retraités, étudiants, demandeurs d’emploi, agents du service public…). Son programme devrait « très prochainement être édité et diffusé » certifie le candidat.

L’interrogation est également présente chez Eric Thébault. « Il y aura peut-être une liste de la part d’Eric Thébault du centre droit », se questionne Yves Liebmann. En effet, celui qui a reçu l’investiture UDI sur la commune réfléchit à former également sa liste. « J’ai tenté pendant deux ans de rassembler la droite et le centre afin de ne proposer qu’une seule liste aux électeurs de notre commune. Nous allons donc nous retrouver avec une primaire et trois listes sur la ligne de départ… », analyse l’élu d’opposition. Il assure qu’il « entrera prochainement dans la mêlée » à son tour aux côtés d’Olivier Perroteau, possible tête de liste.

Enfin, une nouvelle liste et potentielle dernière liste – la troisième pour la droite – celle du Front National. Emmenée par Laurent Stillen, cette liste marque le retour du parti frontiste à Ris-Orangis. « Avec la montée de l’insécurité et le fait que les Rissois sont étranglés par la pression fiscale, je pense que mes concitoyens cherchent une autre alternative à la gauche, mais aussi à la droite, analyse Laurent Stillen.Nous représentons ce changement ». Bien que sa liste ne soit pas encore totalement constituée, le candidat frontiste mènera campagne contre « cette gauche qui a laissé la ville à l’abandon pendant trop longtemps ».

L’abstention en arbitre ?

Ainsi se sont ces six à sept listes qui devraient se présenter au matin du premier tour, sauf surprise de dernière minute. Pour beaucoup de candidats, le fait d’avoir une pluralité de liste peut faire en sorte que cette élection soit plus serrée que par le passé. Pour rappel, en 2008, Thierry Mandon l’emportait dès le premier tour face à trois adversaires. « Aujourd’hui, la donne est différente, garantit Didier Chastanet.Stéphane Raffalli n’a pas la même expérience ni la même notoriété qu’un Thierry Mandon ». Ainsi, de nombreux candidats pensent que la victoire au premier tour sera difficile à obtenir pour l’équipe sortante. « Il ne gagnera pas dès le premier tour, martèle Pierre Nègre. Ce sera un vrai test pour lui et ce n’est pas sûr qu’il y arrive ».

Pour sa part, Thierry Mandon, actuel député de la 9ème circonscription de l’Essonne, admet que cela sera plus difficile qu’en 2008. « Il y a une transition qui s’opère entre lui qui a été maire pendant 1 an et demi et moi, maire pendant 17 ans. Donc ça sera forcément ouvert. Cependant, je suis certain qu’il remportera les élections, car il incarne les projets pour la ville. De surcroît, je pense qu’il fera en sorte de conserver des élus de l’ancienne équipe pour assurer cette transition ».

Bien qu’il ne soit pas encore candidat, Stéphane Raffalli s’il veut se succéder à lui-même ne devra pas, en plus de se démarquer des autres listes, se faire piéger par l’abstention. Tel un véritable mal chronique, l’abstention à Ris-Orangis réapparaît presque à chaque élection. De 45,59% d’abstentionnistes pour les élections municipales de 2008, en passant par les 48,30% pour les élections législatives de 2012, et en allant même jusqu’à un record de 81,46% pour les élections cantonales partielles de 2012. Bref, ces chiffres témoignent d’un désintéressement de la politique. Pour cela, chacun tente de trouver un remède. Pour Amar Henni la solution se résume à aller à la rencontre les abstentionnistes pour leur expliquer son programme, notamment. « L’une des clefs de la victoire de l’équipe sortante, c’est l’abstention. Il a un réservoir de votants qui se déplacent à chaque fois. Le mieux pour nous est de faire en sorte que ceux qui s’abstiennent viennent prendre part au vote. Cela fera peut-être changer les choses, qui sait », assure le candidat communiste.

Enfin, pour le maire Stéphane Raffalli, ce sont « les valeurs et la crédibilité du programme qui feront que les électeurs reviennent voter ». Reste maintenant à savoir qui ressortira vainqueur de ce scrutin assez ouvert, qui risque d’être arbitré par l’abstention.

Lien vers l'article d'Essonne Info : http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/54309/ris-orangis-le-bapteme-de-feu-de-raffalli/

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