Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez l’interview d'Audrey Guibert, Secrétaire Départementale du Front National de l'Essonne en 6ème position sur la liste d'Aymeric Chauprade, candidat FN pour la circonscription Ile-de-France et Français de l'Etranger / Elections Européennes 2014.

ESSONNE INFO | Par Julien Monier | Publié le Vendredi 23 mai 2014 à 13:33 | 0 contribution

Ils sont cinq candidats à la présidence de la Commission européenne, défendant chacun une orientation. Essonne Info a interrogé les représentants en Ile-de-France et en Essonne des listes conduites par l’UMP, le PS, Europe Ecologie-Les Verts, l’UDI-Modem et le Front de gauche, sur leur vision de l’Europe et leurs priorités défendues au Parlement européen.Au terme d’une campagne peu intense, les électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 25 mai. Deux mois après les élections municipales, le scrutin européen risque de ne pas déplacer les foules (lire notre article). L’Union européenne est pourtant au cœur de notre quotidien, dans bien des domaines. Par le biais des fonds structurels notamment, l’Europe finance de multiples projets sur nos territoires (1122 en Essonne depuis 2007). Des programmes à destination des étudiants, comme Erasmus, permettent aux jeunes d’effectuer une année d’étude ou d’apprentissage dans un pays de l’Union (50 000 jeunes l’an dernier). Les entreprises et chercheurs peuvent postuler à des programmes de soutien à l’innovation, à l’image de Horizon 2020 (lire notre article).

Mais ces différentes actions menées par l’Europe ne semblent pas assez visibles, comme les différents candidats l’ont relevé durant cette courte campagne. « Sur le fonctionnement de l’Europe, c’est vrai qu’il y a une certaine complexité » note Michel Rouyer, élu écologiste à Palaiseau et candidat sur la liste d’Europe Ecologie-Les Verts, « mais nous les écologistes, en tant que fédéralistes, sommes attachés à ce que les actions de l’Europe se déclinent plus fortement au niveau régional » . Même constat pour Marielle de Sarnez lors de son déplacement à Massy. La candidate des « Européens », rassemblement de l’UDI et du Modem, prenait l’exemple de l’interconnexion TGV en Ile-de-France, « que l’Union européenne pourrait financer à hauteur de 30% » . Pour les centristes, ce genre de projet régional rentre parfaitement dans les prérogatives de l’Europe : « il faut se battre pour que ce projet voit le jour. Pour relier les villes mais aussi aller jusqu’à Rouen, Le Havre dans l’objectif du Grand Paris » .

Pour sa part, l’eurodéputée socialiste sortante Pervenche Bérès, en meeting lundi dernier à Evry, appuie sur « la nécessité de dégager des marges de manœuvre au niveau européen » pour affirme-t-elle, « que l’Europe puisse emprunter pour financer de l’investissement pour la transition écologique et en matière de transports » . Pour Alain Faubeau, élu à Gif-sur-Yvette et candidat sur la liste UMP d’Alain Lamassoure,« la Banque centrale européenne doit agir beaucoup plus et mieux sur la croissance et l’emploi » et les fonds structurels « renforcés en ce qui concerne la formation et la mobilité » citant l’exemple du programme Erasmus, « dont les apprentis pourraient plus bénéficier » .

En matière d’emploi, le tête de liste Front de gauche Patrick Le Hyaric, élu depuis 2009, indiquait lors de son meeting à Grigny vouloir pour l’Europe « l’égalité des droits, l’égalité salariale et l’application des conventions collectives, pour éviter la concurrence par les bas salaires » . Tout aussi prioritaire pour lui, « la nécessité d’une directive européenne et une loi française qui interdisent tout licenciement dès lors qu’on fait des profits boursiers ».

L’Europe à l’heure de la relance

Ces cinq courants, qui disposent chacun d’élus sortants en Ile-de-France, présentent leur candidat à la présidence de la commission européenne. Jean-Claude Juncker, ancien Premier ministre du Luxembourg représente le PPE, soit l’UMP en France. Le PSE et le PS français soutiennent l’Allemand Martin Schulz. L’UDI-Modem sont derrière le libéral Guy Verhofstadt. Les Verts portent les candidatures de Ska Keller et et de José Bové. Enfin, le Parti de la gauche européenne, avec le Front de gauche, ont comme leader le Grecque Aléxis Tsípras.

A l’heure de la crise qui touche le « vieux continent » chaque parti émet ses propositions pour relancer l’économie à l’échelle de l’Union. Pour Pervenche Bérès, la question de l’emploi des jeunes doit être centrale : « Avec Martin Schulz nous voulons augmenter de 6 à 21 Milliards d’euros la garantie jeunesse, pour que cela bénéficie à l’ensemble des jeunes de l’Ile-de-France » . La transition écologique doit aussi être lancée selon elle, car « désormais, la problématique environnementale ne peut se régler qu’à l’échelle du continent » . Un constat partagé par l’écologiste Michel Rouyer, pour qui « les grands problèmes d’aujourd’hui comme la transition énergétique ne seront traités qu’au niveau européen » .

C’est pourquoi ce dernier souhaite avant tout « un renforcement du rôle du parlement » , selon lui, « seule instance démocratique élue en Europe » . Pour les centristes comme Marielle de Sarnez, l’Union devra ainsi jouer un rôle central dans la résorption de la crise. « On ne va pas attendre que la croissance passe les océans pour arriver en Europe. Il faut que nous la provoquions. Il faut une vraie convergence économique et sociale qui se crée. Il faut une politique industrielle européenne » déclare la candidate.

Sur le rôle moteur que doit jouer l’Union dans la relance économique, l’UMP Alain Faubeau note tout d’abord que « l’Europe a permis d’amortir la crise, car on est plus forts ensembles, au contraire de ce qu’affirment ceux qui veulent que nous sortions de l’euro » . Sa liste propose ainsi des « mesures concrètes »en matière économique, comme « un meilleur accès au marché européen pour les entreprises françaises, avec par exemple une part des marchés européens réservés aux entreprises du continent » . Sur la question du marché européen, c’est un tout autre argumentaire qui est défendu par Patrick Le Hyaric, dont la campagne alerte sur les négociations en cours concernant le projet de grand marché transatlantique : « il faut avoir une majorité assez forte au parlement pour s’opposer à ce projet, car il impliquera une réduction du niveau de la protection sociale publique, dans la droite ligne du traité budgétaire européen dit « Merkozy »" . Il indique aussi vouloir se battre pour « imposer un salaire minimum dans chaque pays, et contrer la directive sur les travailleurs détachés » .

Le rôle des outsiders

Outre ces cinq listes qui visent à reconduire leurs élus au parlement européen, d’autres candidats font figure d’outsiders pour l’attribution de l’un des 15 sièges dévolus à la circonscription qui comprend les électeurs de l’Ile-de-France ainsi que les français inscrits à l’étranger. Porté par ses derniers résultats locaux et sa troisième place à l’élection présidentielle, le FN espère bien conquérir plusieurs sièges de députés européens dans la région. La secrétaire du FN 91, conseillère municipale à Savigny-sur-Orge Audrey Guibert est ainsi présente sur la liste. Pour son parti, les priorités doivent être « la sortie de l’espace Shengen, pour retrouver notre souveraineté juridique, avec un contrôle des flux migratoires » . Celle qui prévoit un score « de 16 à 20% » affirme que le parti de Marine Le Pen « n’est pas contre l’Europe, mais pour une Europe des nations » .

L’Essonnien Nicolas Dupont-Aignan, avec son parti Debout la République, est pour sa part en campagne dans les huit circonscriptions de vote depuis le début de l’année, son parti ayant délaissé le scrutin municipal. En Ile-de-France, c’est Dominique Jamet qui conduit la liste (lire notre article). Autres prétendants qui espèrent s’approcher de la barre des 5% pour obtenir un élu, ou au moins 3% pour obtenir les remboursements de campagne, des têtes d’affiche comme Olivier Besancenot (NPA), Corinne Lepage, ancienne Modem et candidate pour une « Europe citoyenne » ou Nathalie Arthaud (LO).

On compte enfin parmi les 31 listes franciliennes, une foule de « petits partis », ayant chacun des thèmes de campagnes qui leur sont propres (lire notre article). Ces derniers profitent du scrutin pour obtenir de la visibilité, ou encore pour lancer leur mouvement. Tête de liste des « Féministes pour une Europe solidaire » en Ile-de-France, Caroline De Haas espère jouer sur les deux tableaux. « Avec ce qu’il s’est passé en Espagne (ndlr : le vote d’une loi réduisant le droit à l’avortement), nous avons eu la confirmation qu’en période de crise, les femmes en prennent plein la gueule » souligne l’ancienne membre du PS, pour qui cette initiative qui se veut à gauche, « serve à ce que l’égalité femmes-hommes soit pensée comme un outil de transformation sociale » . Les résultats des différents votes de la semaine, ainsi que la répartition des 751 sièges du parlement européen, seront connus dimanche soir vers 23h après la clôture des bureaux de vote des pays membres.

Partager cet article

Repost 0