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Par Audrey, responsable FNJ Essonne

C’est au cours d’une réunion du FN Île-de-France que je pris contact avec l’un des membres de l’Action Sociale Populaire. Intéressée de prime abord par leur action en faveur de nos compatriotes les plus défavorisés, je pris contact avec le Pasteur Blanchard. Après une rencontre avec le Pasteur qui me présenta plus en détail le but de l’association et les actions concrètes que celle-ci menait tout au long de l’année, le Pasteur me proposa de participer à une pré-maraude.

C’est ainsi que nous nous retrouvâmes tous les 4 au domicile du Pasteur, dans le but de préparer les maraudes qui se dérouleront pendant les mois à venir. L’antique voiture du Pasteur  est rempli jusqu’au toit, de vêtements, café et autres soupes collectés auprès des adhérents et sympathisants de l’association.

Cette pré-maraude était pour moi le meilleur moyen de me rendre compte de la misère qui se cache dans les rues de Paris et qui passe souvent inaperçue aux yeux des politiques actuels.

J’ai pu ainsi rencontrer un couple qui dormait à même le sol, dans le dénuement le plus total. La femme s’appelait Isabelle. La quarantaine dépassée, pratiquement dénudée, le regard  perdu, et dont le physique laisse imaginer la dureté des conditions de vie dans les rues. Cette femme me touche tout particulièrement. J’ai alors ressenti une certaine gêne et incapacité à trouver les mots justes pour commencer ne serait-ce que le début d’un dialogue. En quelques secondes de nombreuses questions me viennent à l’esprit et je retiens celle-ci. Lorsque l’on est une femme, comment fait-on pour s’en sortir dans la rue, seule parmi un monde essentiellement masculin. Je me suis dit alors, que cette femme que je voyais pour la première fois, était une survivante. Dans cet environnement sans merci, le quotidien de cette femme et malheureusement de tant d’autres me fait froid dans le dos.

D’autres rencontres, parmi les nombreuses que nous ferons ce soir-là attireront un peu plus mon attention. Ainsi, Francis, connu de longue date des membres de l’ASP qui l’aide à survivre dans la rue depuis près de 10 ans, fut dans un premier temps un peu désorienté par notre venue, peut-être un peu surpris aussi. Lorsque nous sommes arrivés, il était allongé sur un matelas, enfin bien entendu c’est un bien grand mot pour définir ce sur quoi il était allongé. Après un certain laps de temps, il commença à nous confier quelques moments de sa vie et nous raconta quelques épisodes de son enfance qui furent particulièrement difficiles, de son passage à l’armée et puis tant d’autres encore. Francis aménage depuis 10 ans, son petit espace au bord de ce passage souterrain qu’emprunte chaque jour des dizaines de voitures sans même faire attention à notre homme. Il a réussi malgré tout à se bâtir son chez-soi comme chacun d’entre nous le fait dans son foyer.

À la fin de cette maraude, les maux du quotidien me paraissent bien futiles face à la détresse et aux dénuements de nos compatriotes que nous laissons aujourd’hui crever dans les rues de Paris.

Je remercie le Pasteur Blanchard, sa femme Catherine pour cette expérience auprès des plus démunis et Nicolas pour m’avoir accompagnée dans cette expérience particulièrement touchante.

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Tag(s) : #Sur le terrain

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